17 déc. 2011

Ma visite au DeVille Dinerbar

Vendredi soir, je suis allé souper au tout nouveau DeVille Dinerbar, au beau milieu du centre-ville.

Avec sa décoration à la fois rétro et futuriste, l’endroit est certainement un «paradis artificiel». Le concept est clair: on a voulu réinterpréter le bon vieux «diner» américain des années 50 en le catapultant dans le futur tel qu’on se l’imaginait à cette époque-là – un futur lumineux, élégant et résolument artificiel. Le résultat est à la fois spectaculaire et un brin kitch.

La cuisine reprend la même idée. La plupart des plats offerts sont des classiques des diners réinterprétés de façon modernes et fantasques. J’ai mangé un énorme hamburger à deux boulettes que j’ai trouvé pas mal. Ma blonde a plutôt pris des tacos au thon qui étaient carrément géniaux.

C’est toutefois la carte de cocktails qui va bientôt me ramener sur place. J’aurais volontiers essayé à peu près tout ce qu’il y a dessus. Il y a des classiques comme le Manhattan et le Old Fashioned, et aussi des création originales. C’est un barman que j’ai déjà vu au Lab qui était d’office derrière le bar, ce qui est très bon signe.

J’ai été particulièrement intrigué par une idée originale: des cocktails en forme de «milk shake» mélangeant alcool, crème fouettée et autres ingrédients sucrés. Au dessert, j’ai en pris un qui contenait du biscuit Oreo que j’ai bien aimé.

Tout coûte un peu cher, mais il faut bien pour le décor qui nous transporte ailleurs. J’ai déjà hâte à ma deuxième visite.

14 déc. 2011

Un Zombie du Saint-Hubert

Je suis allé manger dans un Saint-Hubert ce soir et j’ai eu la surprise de trouver un «Zombie» sur la carte de cocktail.

J’ai mis le mot entre guillemets parce que ce n’est pas tout à fait la vraie affaire. Si je me fie à la description qu’il y avait dans la carte, il y a là-dedans du rhum blanc, du rhum ambré, du ruhm brun, du jus d’orange, du jus d’annanas, du jus de lime et de la grenadine.

Il faut saluer l’effort. Mettre trois rhums dans un cocktail, c’est déjà pas mal. Par contre, je n’ai trouvé le mélange très heureux. Le jus d’orange et le jus d’ananas forment une drôle de combinaison de saveur qui écrase tout le reste.

Bref, si l’envie de boire un cocktail vous prend au Saint-Hubert, mieux vaut éviter le Zombie. J’ai vu sur leur carte quelques cocktails qui avait l’air plus prometteur – notamment un Tom Collins et un Mojito.

3 déc. 2011

Singapore Sling

Il y a quelques mois, je me suis plaint qu’il n’avait pas de Pimm’s à la SAQ. Pas longtemps après, le Pimm’s a fait son apparition à la SAQ. Quelques semaines plus tard, je me suis plaint ici de ne pas pouvoir acheter de rhum 151. Pas longtemps après, il y avait du Bacardi 151 à ma SAQ.

Coïncidence? C’est sûr que oui. N’empêche, je retente encore ma chance...

Qu’est-ce que la SAQ attend pour offrir du Cherry Heering? J’en ai besoin pour faire de vrais bons Singapore Sling!

Le Cherry Herring est un liqueur de cerises originaire du Danemark. J’en ai vu une fois dans un petit magasin d’alcool de Lake Placid. Alors il me semble que la SAQ pourrait faire un effort

Comme le Zombie, le Singapore Sling est un cocktail que tout le monde fait un peu n’importe comment. Il a été inventé il y a à peu près 100 ans par un barman du Raffles Hôtel de Singapour par un barman chinois pour les coloniaux anglais qui fréquentaient l’établissement.

La version que j’ai adopté va comme suit...

Singapore Sling

-1 1/2 onze de gin
-1/2 onze de jus de lime
-1/2 oz de brandy à la cerise (idéalement du Cherry Heering)
-1/2 oz de Bénédictine
-1/4 oz de liqueur d’orange
-2 oz de jus d’ananas
-2 traits de grenadine
-1 trait d’amer Angostura
-2 oz club soda


On passe au shaker tous les ingrédients à l’exception du club. Ensuite, on filtre dans un verre rempli de glace fraîche, on ajoute le club soda et on mélange légèrement.

C’est la recette de mon barman préféré que vous pouvez voir à l’œuvre dans ce vidéo...



Les historiens du cocktail (oui, ça existe) sont maintenant convaincus que la recette originale ne contenait pas de jus d’ananas. J’ai essayé cette version-là et je l’ai moins aimé – peut-être parce que l’absence de jus d’ananas permet de mieux goûter le brandy à la cerise De Kuyper que je suis obligé d’utiliser pour faire ce cocktail. C’est le seul brandy à la cerise vendu à la SAQ. Et ça goûte pas mal les pastilles Vicks à la cerise.

Avec du jus d’ananas, on obtient quand même un très bon cocktail qui accompagne très bien la cuisine asiatique. Quand même incroyable qu'il y ait dan ce cocktail inventé en Chine du gin anglais, de la liqueur de cerise danoise et une liqueur d'herbes française. Comme quoi la mondialisation n'a pas commencé hier...

20 nov. 2011

Une descente au Upstairs

Vous avez envie de faire une sortie à la Don Draper quand il sort sans sa femme? Je vous conseille le Upstairs, un petit club de jazz qui donne l'impression de ne pas avoir changé depuis les années 60… même s’il n’existe que depuis les années 90!

Ça doit être les murs de pierre qui créent cet effet rétro. Et les tables noires. Et le fait que le club occupe qu’on est très entassé là-dedans quand c’est plein.

C’était le cas vendredi dernier quand on est allé voir Misses Satchmo, un groupe québécois qui reprend le répertoire de Louis «Satchmo» Armstrong avec une pâle jeune fille dans le rôle de l’homme à la trompette.



J’aime beaucoup ce style de jazz-là. On était d’ailleurs là spécifiquement pour assister au spectacle. À mon avis, il faut aller au Upstairs dans cet était d’esprit-là – c’est-à-dire pour la musique avant tout.

J’aime les endroits où on peut manger un morceau en écoutant de la musique «live», mais ces établissements-là offrent rarement de la grande cuisine. Le Upstairs ne fait pas exception à cette règle. Il ne faut pas s’attendre à y vivre une expérience gastronomique. Et comme on est pratiquement assis sur les genoux de ses voisins, on n’est pas spécialement confortable.

Côté cocktail, je n’ai pas grand chose à vous dire. J’ai pris deux Manhattan qui étaient bons – mais ça ne prouve pas grand chose. S’il y a un cocktail facile à faire, c’est bien celui-là. Je tâcherai d’être plus aventureux lors de ma prochaine visite.

Quant à Misses Satchmo, je vous las recommande chaudement. J'ai bien aimé la voix de Lysandre Champagne, la chanteuse-trompettiste. Ce répertoire-là est très accessible parce que ce sont essentiellement des chansons pimentées de solos de trompettes comme les chansons rock sont pimentés de solos de guitare. Et le groupe a judicieusement choisi de garder les pièces courtes plutôt que de les étirer en enchaînant les solos interminables.



16 nov. 2011

Un ouragan de saveur

Je suis allé au marché aux puces Saint-Michel l’autre jour et j’ai trouvé quatre verres «Hurricane» aux couleurs du défunt Hard Rock Café de Montréal. Beau prétexte pour me préparer un Hurricane.

Le Hurricane est un cocktail avec une histoire intéressante. Il a été inventé dans les années 40 dans un bar qui marche encore très fort aujourd’hui, Pat O’Brien’s.

On dit que la nécessité est mère de l’invention et ça s’applique également aux cocktails. Dan ce cas-ci, la «nécessité» c’était de trouver le moyen d’écouler davantage de rhum – un alcool qui à l’époque était abondant, peu coûteux, mais pas très populaire

Ça explique sans doute pourquoi le Hurricane contient une dose massive de rhum…

Hurricane

-4 oz de rhum brun
-2 oz de jus de citron
-2 oz de sirop de fruit de la passion


On passe tous les ingrédients au shaker avec une grande quantité de glace pilée puis on verse l’ensemble de l’œuvre dans un grand verre Hurricane qu’on remplit ensuite de glace.

Même s’il ne contient que trois ingrédients, le Hurricane possède une saveur remarquablement complexe – du moins quand on le prépare avec du bon sirop de fruit de la passion comme celui-ci. C’est un de ces cocktails en se disant que le rhum brun est le meilleur alcool qui soit.

Je vous laisse avec le barman le moins cool que je connais. Je n'aime pas tellement sa recette, mais mon Dieu qu'il est drôle...

12 nov. 2011

Bar L’Opéra

J’ai trouvé une nouvelle façon de me dépayser à Montréal: aller prendre un verre dans des bars d’hôtels où les cocktails ont de l’allure. C’est ma dernière idée bizarre et je l’ai mis en pratique pour la première fois il y a quelques jours en visitant le bar L’Opéra de l’hôtel Vogue sur la rue de La Montagne, près de Sainte-Catherine.

Ça m’a permis de rencontrer Francine qui officie à ce bar-là depuis plus de 20 ans et qui semble avoir sa clientèle d’habitués. J’étais le seul «étranger» installé à son comptoir le soir de ma visite. C’était particulier comme expérience, mais pas désagréable. J’avais l’impression d’espionner une réunion d’amis. Mais Francine s’est quand même arrangé pour que je me sente à l’aise.

J’ai bu deux cocktails: un Negroni sur glace tout à fait conventionnel et un très bon Cosmopolitan qui était en réalité un deux pour un. Une portion nous arrive dans un verre à martin et l’autre dans un ballon où flotte quelques glaçons.

Le bar est tout petit et plutôt paisible. Il est situé dans une verrière donnant directement sur le trottoir. Du jazz tranquille a joué tout le temps que j’étais là. Parfait pour un vieux comme moi qui n’aime ni la cohue ni la musique forte.

6 nov. 2011

La magie des lanternes… du Jardin Tiki

L’autre jour, j’ai essayé en vain d’aller voir la Magie des Lanternes au Jardin Botanique. C’était le dernier samedi où c’était ouvert et il y avait tellement monde qui faisait la file qu’on a décidé de laisser tomber.

Pour se consoler, on aurait dû aller au Jardin Tiki qui se trouve à deux pas et qui possède une extraordinaire collection de lampes exotiques de toutes les tailles et de tous les styles.

La nuit tombée, toutes ses lanternes arrivent presque à transformer le Jardin Tiki en véritable endroit exotique. À nous faire oublier le plafond trop haut, les trop grandes fenêtres et le buffet chinois si ordinaire – dans tous les sens du mot.

L’idée, d’habitude, dans un resto ou un bar tiki, c’est de créer un environnement mystérieux, sombre, très enveloppant, complètement coupé du monde extérieur, où on a l’impression de se retrouver dans une hutte ou une caverne, quelque part sur une île des mers du sud. En entrant au Jardin Tiki, on a plutôt l’impression de se retrouver dans un atrium de centre d’achat qui essaye fort d’avoir l’air exotique et mystérieux… sans réussir.

Et pourtant, il y a de véritables trésors dans ce local-là. L’armada de lampes, bien sûr, mais aussi plusieurs impressionnantes statues tikis qui montent la garde dans l’entrée.

Presque toute cette quincaillerie vient du défunt restaurant Kon Tiki du défunt hôtel Sheraton Mont-Royal – dans lequel se trouve maintenant les Cours Mont-Royal. Ce restaurant-là devait être une pure merveille, à en juger par ce qu’il reste.

Il faudrait faire un documentaire sur la foule bigarrée qui fréquente le Jardin Tiki. C’était plein de monde hier. Des vieux, des jeunes, des enfants, beaucoup de latinos et d’immigrants en général. Le samedi, c’est jour de soirée dansante dans la salle Luau du restaurant. Il y avait une tonne de partys d’anniversaire parmi les gens qui étaient là et tout le monde avait l’air de bien s’amuser.

C’était ma troisième visite au Jardin Tiki et je l’ai trouvé égal à lui-même. Le buffet chinois est toujours aussi douteux. Le service est toujours à la bonne franquette. Et les cocktails sont toujours aussi peu dispendieux… et aussi ordinaires.

J’ai bu un Zombie et un Scorpion qui m’ont déçu. Ils n’étaient pas du tout décoré et m’ont donné l’impression de contenir très peu d’alcool. Après ça, j’ai décidé d’attendre à la maison pour boire un autre verre.

1 nov. 2011

Pisco tiki

Regardez qui j’ai trouvé à ma SAQ l’autre jour…

C’est une bouteille de pisco chilien en forme de Moai de l’Île de Pâques. Ou, si vous préférez, une décoration tiki QU’ON PEUT BOIRE. Pas besoin de vous dire que j’ai sauté sur l’occasion.

Comme le brandy, le pisco est une eau-de-vie de raisin. On en produit au Pérou et au Chili et c’est la «boisson nationale» de ces deux pays d’Amérique du Sud.

Tout le pisco chilien est produit dans les Andes. Alors pourquoi une bouteille en forme de Moai de l’Île de Pâques? Tout bonnement parce que l’île de Pâques fait partie du Chili, j’imagine. Mais à tout le moins, j’ai lu quelque part que le pisco était l’alcool le plus consommé par les 3000 habitants de l’Île de Pâques, influence chilienne oblige.

La façon la plus courante de consommer le pisco est de se préparer un Pisco Sour comme le fait mon barman préféré dans ce vidéo.



J’ai cependant trouvé un recette de Pisco Sour «style tiki» que je trouve plus intéressante.

Pisco Sour «Tiki»

-2 ½ oz de pisco
-3/4 oz jus de citron
-3/4 oz jus de lime
-½ oz de liqueur d’orange
-½ oz de sirop de sucre
-½ oz de falernum
-1 trait d’amer Angostura
-6 oz de glace pilée
-¼ oz de ruhm brun
-Une demi cuillérée de cassonade


On met dans son mélangeur électrique tous les ingrédients sauf le rhum et la cassonade et on mélange à haute vitesse pendant une dizaine de secondes. On verse ensuite dans un grand verre et on ajoute le rhum en le versant sur dos d’une cuillère pur qu’il flotte à la surface du cocktail. Et finalement, on saupoudre de cassonade.

Même avec tous ces ingrédients, on goûte bien le pisco. Parfait pour vider une bouteille en forme de Moai de l’Île de Pâques.

30 oct. 2011

Sayonara Beni Hana

C’est à cause de Don Draper que je suis allé chez Beni Hana hier soir. Dans un épisode de la quatrième saison de Mad Men, le beau Don a amené une jolie demoiselle au tout premier Benihana, sur la 56ième rue à New York. Et depuis, je voulais essayer un de ces restaurants où les chefs manient allègrement le couteau et les flammes.

Ça m’a permis d’apprendre que le Beni Hana de la rue Sherbrooke à Montréal n’est pas apparenté au Benihana new-yorkais visité par Don Draper et à la chaîne de restaurants auquel il a donné naissance. Eux, ce sont des Benihana. Et ici, on a un Beni Hana. Bizarre quand même…

Le restaurant n’est pas très exotique. Il y a bien quelques bambous dans un coin et un gros aquarium, mais sinon tout la place est laissée aux grills et aux cuisiniers.

C’était la première fois que je faisais l’expérience du «teppanyaki» et je ne peux pas dire que j’ai trouvé ça transcendant. C’est vraiment minimaliste comme cuisine. De la viande et quelques légumes très simplement grillés avec de l’huile et de la sauce teriyaki. Il ne faut pas s’attendre à découvrir de nouvelles saveurs.

C’est certainement une bonne sortie à faire avec des enfants. Fiston Arthur a bien aimé le spectacle de notre chef qui lâchait des cris comme un personnage de dessin animé. Ça captait tellement son attention qu’il en a oublié d’être tannant.

Pour jaser entre amis, par contre, c’est loin d’être idéal. Même quand le chef n’est pas en train de faire ses simagrées, le resto est très bruyant et on c’est difficile de converser – surtout qu’on est assis en rangée autour du grill plutôt qu l’un en face de l’autre.

C’est un restaurant qui attire les groupes, mais moi je le recommanderais surtout aux parents cherchant une sortie en famille un peu plus exotique que le Saint-Hubert. À tout le moins, on peut boire un cocktail exotique pendant que les enfants sirotent des verres de jus décorés de petits parasols. Il ne faut pas toutefois pas s’attendre à de la grande mixologie. J’ai bu un Beni Hana Special qui goûtait presque exclusivement la noix de coco et presque pas l’alcool. Et le Karaté Punch, un cocktail à la mangue, manquait vraiment de punch.

27 oct. 2011

Soixante quinze

Le French 75 doit son nom au canon de 75 mm utilisé par l’armée française durant la Première Guerre Mondiale. Il aurait été inventé en 1915 au légendaire Harry’s New York Bar à Paris – un bar qui existe encore aujourd’hui. C’est un bar qu'a fréquenté Ernest Hemingway et bien d’autres «Americans in Paris» de son époque.

Harry MacElhone, le créateur du French 75, n’a pas réinventé la roue avec ce cocktail-là. C’est tout simplement un Tom Collins allongé avec du vin mousseux plutôt que du club soda.

French 75


-1 ½ onze de gin
-3/4 onze de jus de citron
-1 oz de sirop de sucre
-Champagne ou autre vin mousseux


On secoue les trois premiers ingrédients dans son shaker puis on filtre dans une flûte à champagne qu’on complète ensuite avec le mousseux. Comme ceci...



Ça donne un cocktail à la fois léger et punché. En clair, ça veut dire que ça se boit tout seul et que ça monte assez vite à la tête. Parfait pour une occasion spéciale comme une fête ou un brunch en famille. Et une excellente façon de mettre en valeur un vin mousseux de deuxième ordre.

17 oct. 2011

Divin elxir

Quand les moines Chartreux ont inventé la Chartreuse verte en 1764, je ne pense pas qu’il connaissait l’ananas. Et pourtant leur liqueur se marie extraordinairement bien avec ce fruit exotique. Ça saute aux yeux, ou disons plutôt au palais, quand on se prépare un Chartreuse Swizzle.

Ce cocktail-là n’est pas un «classique». Il a été inventé par un barman de San Francisco il y a quelques années. Ce qui ne l’empêche pas d’être absolument divin. C’est un des cocktails les plus rafraîchissants que je connais. Et son goût est quand même complexe et original. La Chartreuse et le falernum sont deux ingrédients très goûteux et ils sont à leur meilleur dans ce cocktail.

Chartreuse Swizzle

-1 1/4 oz Chartreuse verte
-1/2 oz falernum
-1 oz jus d’ananas
-3/4 oz jus de lime

S’il y a le mot «swizzle» dans le nom de ce cocktail, c’est parce qu’on est supposé mettre tous les ingrédients dans un grand verre rempli de glace pilée et brasser tout ça avec un «swizzle stick» comme ceux-ci.

C’est un instrument originaire des Caraïbes qu’on fait tourner entre ses deux mains pour agiter son cocktail. C’est le fun, mais c’est loin d’être une obligation. On peut aussi brasser son verre avec un agitateur ou le manche d’une cuillère jusqu’à ce que de la glace commence à se former à l’extérieur du verre.

Dans ce cas-ci, la glace pilée est essentielle. Pour en faire, j’ai acheté un sac en tissu et un maillet de bois dans un magasin à escompte. Suffit de mettre des cubes de glace dans le sac, de poser le sac bien à plat sur son comptoir et de se déchaîner avec le maillet de bois. Ça marche parfaitement… mais c’est bruyant. Tard le soir, quand ma blonde est couchée, le maillet doit rester sur sa tablette.

14 oct. 2011

Destination Saturn

Presque tous les cocktails tiki sont à base de rhum et ce n’est pas du tout un problème. Il y a tellement de bon rhums en tout genre que je pourrais très bien me contenter de boire juste ça.

N’empêche, il y a des moments où j’ai le goût d’autre chose. Et je me tourne alors souvent vers le Saturn, un cocktail tiki à base de gin que je trouve délicieux.

Saturn

-1 1/4 oz de gin
-1/2 oz jus de citron
-1/2 oz sirop de fruit de la passion
- 1/2 oz falernum
-1/4 oz orgeat
-8 oz de glace pilée


C’est un cocktail facile à faire: on mets tous les ingrédients dans son mélangeur électrique et on mélange jusqu’à ce devienne onctueux. Puis on sert dans un grand verre dans lequel on ajoute le plus de glace possible.

Ce qui est compliqué, par contre, c'est de se procurer les trois sirops qu’il y a là-dedans. Moi j’achète les miens sur Internet directement d’un gars qui les fait à la main à Portland en Oregon. De l’orgeat, il y en a dans beaucoup de supermarchés. Le falernum et le sirop de fruit de la passion, par contre, c’est carrément introuvable dans la région de Montréal.

Je suis content d’avoir tout ce qu’il faut pour préparer ce cocktail-là parce qu’il est excellent. Les arômes botaniques du gin se marient merveilleusement avec les trois sirops pour créer une symphonie de saveurs. C’est comme boire un accord de guitare compliqué! Pas étonnant que le Saturn ait permis à son inventeur, le barman californien Popo Galsini, de gagner le premier prix de la compétion de cocktail de l’International Bartenders Association en 1967.

Si je connais le Saturn, c'est parce que je l'ai découvert sur Tiki+, une application iphone qui est devenu ma bible des cocktails tikis. C'est de loin le truc que j'utilise le plus souvent sur mon téléphone.

10 oct. 2011

Prendre le large au Largo

Ma blonde et moi avons fait un saut à Québec en fin de semaine. On en a profité pour souper en tête à tête au Largo.

Le Largo, c’est un restaurant du «nouvo» quartier Saint-Roch où on peut manger en écoutant du jazz les vendredis et samedis soir. C’est aussi un des lieux où sont présentés les spectacles du festival de jazz de Québec.

Ça doit être parce que je prends de l’âge, mais les endroits dans ce genre-là m’attirent beaucoup depuis un certain temps. Je suis nostalgique d’une époque que je n’ai pas vécu – celle où on s’habillait chic pour aller dans des restos où il y avait de la musique live qui étaient bien plus nombreux et populaires qu’aujourd’hui.

Le Largo réussit à nous plonger dans une ambiance similaire à celle qui régnait dans ces établissements-là. C’est un assez joli restaurant où on se sent un peu comme en croisière – c’est à dire dans un cocon coupé du monde. La salle est sur deux niveaux, comme le sont toujours les établissements du genre dans les vieux films. Et quand les musiciens ont commencé à jouer, j’ai eu l’impression de prendre le large.

J’imagine que ça veut dire que le Largo porte bien son nom.

On y est allé pour le jazz, mais on a mieux mangé qu’on s’y attendait. Souvent, dans les restaurants où on présente des spectacles, la nourriture est «juste correcte». Je ne sais pas si on juste bien tombé, mais je sais qu’on a beaucoup aimé nos plats. Ma blonde, qui est pas mal plus difficile que moi, a été conquise par son assiette de pétoncles et crevettes. Et mon plat de veau était très bon aussi.

J’ai aussi bu un «Mai Tai» qui m’a davantage fait penser à un Sex on the beach. Et qui lui était «juste correct».

Côté musique, on n’a pas eu droit à vrai «spectacle». C’était plutôt du jazz d’ambiance. Un pianiste et un saxophoniste faisaient tranquillement leur petite affaire sans réclamer toute notre attention. C’était très agréable. Mais j’imagine que le niveau de «spectacle» est plus élevé certains soirs – ce qui doit être encore plus agréable.

4 oct. 2011

Cobaye du Lab

Le Lab, c’est mon nouveau bar préféré à Montréal. Dans cet établissement presque aussi discret que les speakeasies du temps de la Prohibition, situé juste au nord du parc Lafontaine, on prépare de fantastiques cocktails.

Je suis y allé hier soir et j’ai bu une création de la maison, le Vertigo. Que j’avais déjà pas mal siroté quand j’ai pensé à le prendre à photo...

Il y a là-dedans du gin, de la Chartreuse verte, du jus de la lime, du miel d’agave et de la chair d’ananas pilée. C’était tout simplement délicieux.

Je viens d’essayer de reproduire ce cocktail-là à la maison et je me donne 8 sur 10 pour ma copie. Elle goûtait presque pareil même si j’ai utilisé du bon vieux miel ordinaire et que j’ai dû y aller au pif pour les quantités. La bouteille de Chartreuse qui ramassait la poussière dans mon bar va se mettre à descendre pas mal plus vite.

La carte du Lab est remplie de cocktails originaux. Il y a aussi une ardoise où il y a les «saveurs du mois». Et c'est sûr qu'on peut aussi demander au barman de nous préparer une recette classique. Pour s'initier à la mixologie, je ne pense pas qu'on puisse trouver mieux à Montréal.

J’aime aussi aller au Lab parce que c’est un bar très tranquille. Du moins à l’heure où j’y vais, c’est à dire très tôt. Quelques clients, musique discrète. On peut discuter et savourer nos verres en paix. Et aussi regarder travailler les barmans qui exercent leur art avec précision et panache. En voici un préparant un de mes cocktails favoris, le Sazerac.

30 sept. 2011

La horde des Zombies

Dans les films de zombies, les zombies sont toujours innombrables et avides de contaminer tous ceux qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin. Heureux hasard : la définition s’applique parfaitement au cocktail qui porte le même nom.

D’abord parce qu’un Zombie digne de ce nom contient assez d’alcool pour transformer en zombie n’importe quel buveur du dimanche. Ensuite parce que les recettes de Zombie sont innombrables. C’est un de ces cocktails que tout le monde fait à sa façon. IL n’y a pas un Zombie, il y a en a toute une horde.

Il y a une raison à cela: l’inventeur du Zombie, Don the Beachcomber, gardait secrètes ses recettes de cocktails qui faisaient le succès de ses restaurants. Alors les autres bars et restaurants qui voulaient mettre le Zombie à leur menu n’avaient pas le choix de mettre au point leur propre formule.

Sans compter qu’il y a trois recettes de Zombies attribuées à Don the Beachcomber en circulation. Les trois ont longtemps été «perdues» en raison du penchant de leur auteur pour le secret. C’est grâce au travail de l’Indiana Jones des vieux cocktails tikis, l’auteur Jeff Berry, qu’on peut les savourer aujourd’hui.

La plus ancienne de ces recettes remonte à 1934 et la plus récente à 1956. Il y en une autre qui date de 1950. Mais celle que je préfère, c'est l'originale.

Zombie 1934

-1 1/2 oz de rhum ambré
-1 1/2 oz de rhum vieux jamaïcain
-1 oz de rhum Demerara Lemon Hart 151
-3/4 oz de jus de lime
-1/2 oz de Don's Mix ( ou 1/2 oz de jus de pamplemousse et 1/4 oz de sirop de sucre à la cannelle)
-1/2 oz de falernum
-1 cuillée à thé de grenadine
-Un trait d'amer Angostura
-6 gouttes de Pernod


Ça c'est la recette authentique. Comme le rhum Lemon Hart 151 est introuvable au Québec, moi je le remplace par 1/2 oz de rhum Demerara et autant de Bacardi 151.

Le Don's Mix est un mélange de jus de pamplemousse et de sirop de sucre à la canelle. Moi j'achète celui que fait par BG Reynolds à Seattle.

La préparation se fait au mélangeur électrique. On met tous les ingrédients dans son mélangeur avec 6 oz de glace pilée et on mélange à vitesse maximum pendant à peu près cinq secondes.

La recette de 1950 est pas mal non plus. La voici tel que présentée par BG Reynolds lui-même...

28 sept. 2011

Les femmes préfèrent le missionnaire

J’ai enfin trouvé un cocktail tiki qui plaît à ma blonde: le Missionary’s Downfall.

C’est un genre de slush à la menthe ne contenant qu’un onze rhum. Moi je trouve ça très ordinaire. Mais ma blonde m’en commande très régulièrement. C’est devenu son cocktail préféré à égalité avec le Martini.

Le Missionnary’s Downfall a été inventé par Don The Beachcomber dans les années 40. C’est clairement un «drink de fille» ne goûtant pas du tout l’alcool et sans amertume. J’ai remarqué que les demoiselles les cocktails n’aiment pas tellement les cocktails très forts et/ou très amer.

Quoi que ma blonde adore le Martini, un cocktail ne contenant que de l’alcool.

Ça confirme que je ne comprends rien aux femmes. Mais je peux quand même vous donner la recette…

Missionnary’s Downfall


-1 oz de rhum blanc
-1/2 oz de liqueur de pêche
-1/2 oz de miel
-2 oz de morceaux ananas
-Une douzaine de feuilles de menthe
-6 oz de glace pilée


On sacre tout ça dans son mélangeur et on mélange une vingtaine de secondes – le temps que ça se transforme en slush.

Ici au Québec, «liqueur de pêche» signifie Schnapps au pêche puisqu’il y n’y a pas de brandy au pêche en vente à la SAQ. À la place, on peut aussi utiliser du brandy à l’abricot. Ça, on en trouve à la SAQ.

17 sept. 2011

La piqûre du Scorpion

Pour mettre le fun dans un souper, il y a une recette infaillible: servir un cocktail «de gang», dans un bol d’où sortent de longues pailles permettant tout le monde d’y boire.

C’est une tradition des restaurants tikis et je fais fureur chaque fois que je fais le coup à la maison – surtout quand je sers un Scorpion.

Scorpion

-2 oz de rhum ambré
-2 oz de gin
-1 oz de brandy
-1 oz de jus de lime
-2 oz de jus d’orange
-3/4 oz d’orgeat
-1 oz de sirop de sucre
-8 oz de glace pilée


La préparation est simple. On met tous les ingrédients dans son mélangeur électrique et on mélange à puissance maximale pendant à peu près cinq secondes. On sert ensuite à deux ou trois personnes dans un bol tiki ou un très grand verre à cognac.

Le Scorpion est un cocktail que je bois en mangeant. Je trouve qu’il se marie parfaitement avec les plats sucrés comme les côtes levées ou le poulet du Général Tao.

Il existe plusieurs recettes de Scorpion. Celle que j’ai adopté vient d’un des restaurants qui a le plus contribué à la popularité du tiki dans les années 50 et 60: le Luau de Beverley Hills.

Ouvert dans les années 50 par un acteur, Stephen Crane, l’établissement est vite devenu une repaire de stars et la «sensation du moment». Crane a ensuite ouvert toute une chaîne de restaurants tiki, les Kon-Tiki, qui étaient installés dans des hôtels Sheraton. Il y en a longtemps eu un à Montréal, sur la rue Peel, dans l’édifice qui abrite aujourd’hui Les Cours Mont-Royal.

J’ai acheté cette lampe il y a quelques semaines dans une boutique vintage de la rue Saint-Laurent, Kitsch'n Swell. On m’a dit qu’elle vient du Kon-Tiki montréalais, qui a fermé ses portes en 1981. Une grande partie de son décor a été transplanté au Jardin Tiki dans l’est de Montréal. Mais je suis bien content d’en avoir un petit bout chez moi.

J'ai aussi rencontré la grande soeur de ma lampe, l'autre jour, au Coconut Bar de Trois-Rivières.

12 sept. 2011

Je suis tendance

Aujourd’hui, j’ai vécu la surréaliste expérience d’entendre Catherine Perrin dire que j’étais «tendance» parce que j’ai décidé récemment de décorer ma salle à manger dans le style tiki. Les gens qui me connaissent savent que je suis à peu près aussi «tendance» qu’une tondeuse à gazon fabriquée en 1987.

Mais juste au cas où que tout le monde se mette à «tikifier» son intérieur dans les prochains mois, ce qui n’arrivera évidemment pas, on s'entend, j’aimerais avoir la preuve que j’étais à l’avant-garde de cette mode-là. Alors voici quelques photos de mon paradis artificiel à domicile, dans l’état où elle était il y a deux semaines, parce que ç’a déjà pas mal changé depuis ce temps-là, vu que là c’est mon obsession du moment, pis que moi quand j’ai une obsession je déplace de l’air.

Ça c'est mon bar, fait avec l'ancien bureau de travail de ma soeur et une clôture en bambou acheté dans une magasin à une piasse.

Et ça c'est notre table, avec une chaise paon achetée dans une vente de garage à Pincourt.

Et ça c'est ma terrasse, avec une chaise suspendue achetée à rabais chez Pier Import.

10 sept. 2011

Ma soirée au Balcon

Fiston Arthur a eu beau essayé de nous en empêcher en tombant malade au mauvais moment, ma blonde et moi avons quand même réussi à sortir au Balcon hier soir. Et quand je dis «réussi», je pèse mes mots. C’est toujours un exploit pour nous, sortir en couple, depuis qu’il y a une troisième roue à notre carrosse.

Le Balcon se décrit comme une boîte à mi-chemin entre le cabaret new-yorkais et la café-théâtre parisien. C’est une boîte où on peut faire mon genre de sorties préférés: le souper spectacle. Même s’il est situé dans le Vieux Montréal, à deux pas de l’hôtel de ville, l’endroit n’est pas particulièrement «glamour». C’est une petite salle tout simple, pas vraiment décoré, qu’on peut aménager de toutes sortes de façon pour tenir toutes sortes d’événement.

Nous on est allé voir un spectacle de jazz traditionnel de la Nouvelle-Orléans donné par Le Dixieband. On a mangé correctement et la musique était excellente. Le seul hic, c’est qu’on était seulement seize spectateurs dans la salle. Faut croire que la jazz traditionnel de la Nouvelle-Orléans, qu’on appelle aussi Dixieland, n’est pas très populaire en ce moment.

Et pourtant, quelle musique! Quand on dit que le jazz est né en Nouvelle-Orléans, c’est de cette musique-là dont on parle. Un formation traditionnelle comprend une trompette, un trombone, une clarinette, un espèce de gros tuba qu’on appelle sousaphone, un banjo et une batterie. C’est le «line-up» du Dixieband. J’ai déniché un vidéo sur youtube pour vous donner une idée de ce que ça donne.



Si je comprends bien ce que j’ai lu sur Internet, ce qui distingue ce style-là, et ce qui la rend magique à mon avis, c’est que les trois instruments à vent jouent souvent en même des lignes différentes pour créer un effet de polyphonie – alors que les autres style de jazz mettent plus l’emphase sur les solos.

Louis Armstrong a commencé sa carrière en jouant du Dixieland. On le sent dans cet interprétation de When the Saints Go Marching In. Les moments polyphoniques sont géniaux.



Tout ça pour dire que j’ai passé un belle soirée au Balcon. J’ai même découvert un nouveau cocktail: un Whiskey Sour allongé au club soda qui m’a charmé dès la première gorgée. J’ai essayé de le reproduire aujourd’hui à la maison, mais je n’ai pas tout à fait réussi. Va falloir que je me reprenne…

6 sept. 2011

L'aventurier du Coconut Bar

Ça y est, je suis enfin allé au Coconut Bar de Trois-Rivières. Et j’en reviens en souhaitant que ce bar-là soit tout près de chez moi plutôt qu’à 170 kilomètres.

Le Coconut Bar est une authentique relique de la grande époque tiki, miraculeusement préservée en banlieue de Trois-Rivières. Son ouverture remonte à 1962. Après un voyage à Tahiti, les propriétaires du «TV Motel» ont décidé de rebaptiser Coconut Motel leur établissement et d’y adjoindre un bar tiki. Et depuis, l’endroit n’a presque pas changé.

En entrant dans le bar, je me suis senti comme Indiana Jones pénétrant dans un tombeau ou un temple. Il y avait tellement à découvrir dans la salle obscure et mystérieuse. Quelques statues tikis de la taille d’un homme. Plusieurs masques accrochés aux murs. Des armes en bois. Des tapisseries tapas. Une fontaine. Une passerelle de bois enjambant un petit bassin. De belles banquettes en vinyle rouge. Des alcôves intimes. Une pirogue suspendue au plafond. Des chaises tressées aux dossiers démesurés. Et un extraordinaire assortiment de lampes exotiques de toutes les formes et de toutes les couleurs.

Tout ça forme un décor extraordinaire, totalement vintage et merveilleusement dépaysant. Dans le genre, je ne pense pas qu’on puisse trouver mieux au Québec, ou même dans tout l’est du Canada. À Montréal, le Jardin Tiki possède une collection encore plus impressionnante de statues, de lampes et de décorations tikis en tout genre. Mais toute cette quincaillerie est installée dans un local bien trop grand et bien trop éclairé. Alors côté ambiance, ça fait plus «atrium de centre d’achat» que «hutte mystérieuse des mers du sud».

Cela dit, le Jardin Tiki fait la barbe au Coconut Bar sur un point: la musique. Au Jardin Tiki, la musique hawaïenne et le jazz exotica règnent sans partage. Au Coconut Bar, j’ai plutôt eu droit à de la pop de FM et à un DJ mixant de la dance music. Mais si c’est le prix à payer pour que l’endroit soit assez populaire pour rester ouvert, eh bien soit.

Et les cocktails? Maintenant, pour moi, il y a deux catégories de bars: ceux où on boit mieux que chez moi et les autres. Après une visite, je placerais le Coconut Bar dans la seconde catégorie.

Il ne faut pas arriver là en pensant trouver des cocktails tikis classiques préparés de façon orthodoxe.Le Coconaut Bar mise plutôt sur des recettes originales comme un Scorpion avec de la crème de menthe et un Mai Tai au jus d’ananas.

J’ai pris trois cocktails sans avoir de coup de foudre. Le Zombie qu’on m’a servi n’avait rien à voir avec la recette classique et il ne m’a pas emballé. J’ai nettement préféré le Aku Aku Coconut, la spécialité de la maison, alors que je ne bois jamais de cocktail au lait de coco.

N'empêche, les cocktails sont préparés avec soin. Et plusieurs sont servis dans des verres ou des bols tikis qu’on peut acheter sur place. Mais la vraie bonne nouvelle, c’est qu’il m’en reste tout un paquet à tester. J’ai bien hâte de remettre ça.

22 août 2011

Le Mai Tai Orchestra

J'ai vu par hasard le Mai Tai Orchestra à des Kiwis et des Hommes l'autre matin. C'est un groupe montréalais de musique hawaïenne dirigé par un vrai chef d'orchestre, Sir Christopher McLaren, et nul autre que Rick Haworth à la steel guitar. J'ai acheté leur album sur iTunes et je l'ai ajouté à la «playlist» qui met de l'ambiance dans mon tiki bar maison.

Les voici reprenant le thème musical de la télésérie Hawaï 5-0 et un classique de la musique hawaïenne, My little grass shack.





À quand le prochain spectacle?

13 août 2011

To Pimm's or not to Pimm's

MISE À JOUR 19 SEPTEMBRE 2011: je suis allé à ma SAQ en fin de semaine et j'ai eu la surprise de voir du Pimm's sur une tablette. Fantastique!

Vous avez le goût de boire un Pimm's Cup? Eh bien la SAQ n'a qu'une chose à vous dire: oubliez ça!

Parce que la SAQ ne vend pas de Pimm’s No 1, l’ingrédient de base de ce cocktail d'origine britannique. La bouteille que j'ai à la maison, je l'ai acheté à Hawkesbury en Ontario – où la LCBO daigne offrir ce produit-là à ses clients. Sans doute parce qu’il est d’origine britannique et qu’il est plus populaire chez les anglos.

Quelques restaurants montréalais ont quand même ce cocktail-là à leur menu. Comme le pub Burgundy Lion, près du marché Atwater. C'est là où j'ai bu mon tout premier Pimm's Cup. Et aussi mon tout dernier que voici...

je trouve qu'il n'y a pas meilleur avec un bon hamburger grillé sur le BBQ. Et c'est un bon cocktail à boire au repas parce qu’il n’est pas très fort. Le Pimm’s No 1 affiche un taux d’alcool de 25% et il est pas mal allongé dans le cocktail.

Le Pimm’s No 1 a été inventé en 1823 par James Pimm, qui possédait un bar à huître et offrait cette boisson-là à ses clients en guise de digestif. C’est du gin additionné d’un mélange secrets d’herbes aromatiques. Et on boit ça dans un cocktail très facile à réaliser…

Pimm’s Cup

- 1 ½ oz de Pimm’s No 1
-1/2 oz de jus de citron
-Du Seven-Up, du Sprite ou du soda au gingembre


On met le Pimm’s No 1 et le jus de citron dans un verre et on mélange. On remplit le verre de glace, puis on complète avec la boisson gazeuse. On décore ensuite avec une tranche ou un bâtonnet de concombre.

Ça c’est la version simple du cocktail. On peut aussi le transformer en véritable salade de fruits comme le fait mon barman préféré dans ce vidéo.

11 août 2011

Old Fashioned... comme Don Draper

Le Old Fashioned est le premier cocktail que je me suis fait. À cause de Don Draper, le héros de Mad Man, qui en consomme en quantité industrielle. On l'a même vu en préparer deux dans un épisode de la troisième saison.

Le Old Fashioned s’appelle comme ça parce que c’est un très vieux cocktail. On en buvait déjà au début du 19ième siècle. Matthew Weiner, le créateur de Mad Man, n’a sûrement pas choisi d’associer son héros à ce cocktail-là par hasard. Don Draper est un personnage plutôt «vieux jeu» et le nom de son cocktail favori exprime cet aspect de sa personnalité.

À l’origine, le mot «cocktail» s’appliquait uniquement aux boissons combinant trois ingrédients: un alcool, du sucre et un amer. Le Old Fashioned respecte cette formule-là à la lettre:

Old Fashioned

-2 oz de whisky canadien ou américain (moi je prends du Canadian Club)
-Un cube de sucre ou l’équivalent
-Deux traits d’amer Angostura
-Une cuillérée à soupe d’eau
-Une lamelle de zeste d’orange
-Un rondelle d’orange et une cerise au marasquin pour garnir le verre.


On prépare ce cocktail-là directement dans un verre. Tout le monde a sa méthode, mais moi j'ai adopté celle de ce vieux pro.



1. On met le sucre au fond du verre et on l’asperge d’amer Angostura.

2. On ajoute la cuillérée à soupe d’eau dans le verre et on brasse jusqu’à ce que le sucre soit complètement dissout.

3. On place le zeste d’orange au fond du verre et on l’écrase avec son pilon à cocktail, ou n’importe quel autre objet contondant, afin d’en faire sortir l’huile essentielle.

4. On remplit le verre de cubes de glace, on ajoute le whisky et on brasse une quinzaine de secondes pour que ça devienne bien froid.

5. On décore avec la rondelle d’orange et la cerise fixées sur un cure-dent.

À boire en écoutant cette superbe version de la chanson Nature Boy, amalgamée avec le thème musical de Mad Men



8 août 2011

Équipé pour presser

Ça pourrait être le titre du prochain film de James Bond… si l’agent 007 devenait barman et que Q lui remettait cette arme secrète capable de liquider n’importe quel citron.

Ça fait à peine deux ans que je fais des cocktails, mais j’ai déjà eu toute une série d’engins pour presser mes limes et mes citrons. J’ai eu une de ces assiettes avec une protubérance au milieu qui m’a tout de suite donné envie de trouver mieux. J'ai eu un genre de téton en matériel synthétique que je n’ai jamais réussi à faire fonctionner correctement. Puis j’ai eu mon premier presse-agrume à poignée, semblable à un pressoir à ail, qui marchait très bien mais que était en plastique et que j’ai fini par casser en m’acharnant sur un gros citron. Puis j’en ai eu un autre identique mais en métal… et dont la «pine» a fini par casser.

Heureusement, je pense que j’ai enfin trouvé l’arme absolue. C’est un presse-agrume signé… Tupperware. Non, je ne suis pas allé à une démonstration Tupperware. C’est ma blonde qui s’est tapé ça et qui est revenu avec cet engin garanti à vie qui dégage une impression de totale invincibilité. Il est fait en gros plastique épais et a l’air de pouvoir résister à l’Incroyable Hulk.

Bref, j’ai l’impression que celui-ci va me durer longtemps… et c’est aussi bien parce que je l’ai payé 30 dollars.

6 août 2011

Elvis à Hawaï


Hier soir, j’ai payé 4,99$ pour louer un film d’Elvis sur iTunes. En regrettant le bon vieux temps où il y avait un festival de films d’Elvis chaque été à TVA.

Toujours est-il que j’avais envie de voir Blue Hawaii, le meilleur des trois films d’Elvis tournés dans l’archipel hawaïen.

Pourquoi j’avais envie de voir ça? Pour passer un petit moment à Hawaï. Et pour voir Elvis chanter et danser. Blue Hawaii est parfait pour ça. Pour vous situer, c’est le film d’Elvis où Elvis refuse de travailler avec son père à exporter des ananas et devient guide touristique à la place. Ce qui donne un film carte postale qui fait très bien deux choses: nous montrer l’Hawaï du début des années 60 et enchaîner les numéros musicaux où Elvis est à son meilleur.

Ce n’est pas un grand film et il y a des moments embarrassants – comme celui où Elvis donne sérieusement une fessée à une fille de 17 ans qui se comporte mal. Mais Hawaï est superbement filmé et Elvis est en grande forme. Le meilleur moment du film est ce numéro pendant lequel Elvis chante Rock-A-Hula-Baby en dansant comme lui seul sait le faire.



Le film a sûrement contribué à mousser la popularité d’Hawaï comme destination touristique. Et il a sûrement aussi contribué à mousser la popularité du Mai Tai. Même s’il n’est pas Hawaïen mais Californiens, le cocktail de Trader Vic fait deux apparitions dans le film. C’est d’ailleurs le seul cocktail mentionné par son nom.

La meilleure chanson du film: l’incroyable Can’t Help falling in love. Incroyable parce que la voix d’Elvis est tellement mature dans cette pièce. Sidérant qu’un gars de 25 ans puisse chanter comme ça.

4 août 2011

Mai Tai 101

Il y a deux cocktails tikis vraiment célèbres: le Zombie et le Mai Tai. Ça tombe bien parce qu’ils se complètent bien. Le Zombie est une concoction complexe, incorporant deux ou trois ingrédients pas évident à trouver, qu’on peut difficilement faire à la maison. Tandis que le Mai Tai est un cocktail relativement simple que tout le monde peut préparer sans problème.

Le Mai Tai a été inventé à Oakland en 1944 par Victor Bergeron, alias Trader Vic, un des premiers restaurateurs à décorer son établissement dans le style «paradis des mers du sud» et à créer des cocktails exotiques à base de rhum pour attirer de la clientèle.

Note à moi-même: j’ai lu que le père de Bergeron était un Canadien-Français. Faudrait bien que j’essaie d’en apprendre plus long là-dessus.

Trader Vic a inventé plusieurs cocktails, mais le Mai Tai est sans contredit sa plus grande réussite. Moi en tout cas, c’est devenu mon cocktail préféré. J’aime la collision entre les ingrédients sucrés et l’amertume du jus lime. J’aime aussi que le goût du rhum ne soit pas trop masqué par les autres saveurs. Ce cocktail-là est un petit chef d’œuvre d’équilibre et de subtilité… à condition qu’on le prépare comme du monde. C’est à dire comme ceci…

Mai Tai

-2 oz de rhum brun
-1 oz de jus de lime frais
-1/2 oz de curaçao
-1/4 oz de sirop de sucre
-1/4 oz d’orgeat


La préparation est simple. On met tous les ingrédients dans son shaker avec une bonne quantité de glace pilée et on agite une quinzaine de secondes. Puis on verse la mixture dans un verre Old Fashioned qu’on décore avec un brin de menthe. La tradition veut aussi qu’on cale une moitié de lime pressée dans le verre.

Pour faire comme les pros, on peut utiliser deux rhums à part égal. Les experts recommandent de mélanger un rhum brun de la Jamaïque et un un rhum agricole vieillie de la Martinique, mais on peut très bien s’amuser à tester d’autres combinaisons. Le Mai Tai que je suis en train de boire contient du Appleton Estate 12 ans de la Jamaïque et du El Dorado 12 ans de la Guyane et il est fantastique.

Comme curaçao, j’utilise du Grand Marnier. C’est le seul curaçao en vente à la SAQ si on exclut le curaçao bleu qui n’a pas d’affaire dans un Mai Tai. À la rigueur, on peut aussi utiliser du Cointreau ou du Triple Sec.

L’orgeat est un sirop à saveur d’amandes qu’on trouve dans pas mal d’épicierie. Chose certaine, il y en a à mon IGA. Mais c’est du Marie-Brizard qui me semble d’assez piètre qualité. Va falloir que j’essaie de trouver mieux bientôt.

29 juil. 2011

Un Mai Tai au pays de la bière

En Belgique et aux Pays-Bas, on boit surtout de la bière et ça n’a rien d’étonnant. Les bières locales sont innombrables, très bonnes et vraiment pas chères. Rien pour stimuler la consommation de cocktails…

N’empêche, j’ai trouvé un bar tiki dans le centre-ville de Rotterdam durant mes vacances dans ce coin-là. Qui s’appelle tout simplement le Tiki’s Bar and Grill.

C’est un restaurant et un bar où on peut boire un cocktail dans une ambiance des mers du sud tout ce qu’il y a de plus artificielle.

J’ai été impressionné par la décoration des lieux. Au milieu de l’établissement trône un magnifique bar en bambous surmonté d’un toit de feuilles et éclairé par plusieurs lampes.

Tout le reste du bar est décoré avec autant de soin. Il y a un aquarium entouré de masques et d’artefacts en tout genre. Il y a de très belles murales incorporant toutes sortes d’objets évoquant la culture tiki. Il y a une alcôve où on a peint un panorama des mers du sud. Bref, la déco est chargée à souhait et j’ai eu bien du plaisir à en faire le tour pour jeter un œil à tout ce bazar.


Malheureusement, la carte des cocktails est moins florissante. Il n’y a qu’un seul vrai cocktail tiki au menu: un «Mai Tai» incorporant du jus d’ananas et de brandy à l’abricot. Pas aussi bon qu’un vrai Mai Tai, mais quand même buvable.

J’ai aussi profité de ma visite pour boire mon tout premier Caïpirinha. C’est un cocktail d’origine brésilienne à base de Cachaça, un alcool fait avec du sucre de canne qui s’apparente au rhum agricole mais possède une saveur distinctive.

Un Caïpirinha, c’est tout simplement du Cachaça avec du sucre et des quartiers de lime qu’on écrase pour en extraire le jus. C’est très simple, mais aussi très bon. J’ai bu le mien dans le temps de le dire. Et j’ai un peu de peine à retrouver le chemin de la gare de chemin de fer après ça…